| JODHPUR
Les Rajputs du clan Rathor, gens belliqueux qui la bâtirent au XV ième siècle, furent toujours une source de tracas tant pour leurs ennemis moghols que pour leurs compatriotes rajputs, en particulier pour ceux de Jaipur, Akbar jugea qu'il valait mieux les avoir dans son camp que de chercher à les soumettre. Il est significatif que, lorsqu'il épousa la sœur du maharaja de Jodhpur, Jodh Bai, pour qui il fit édifier un palais à Fatehpur Sikri, il ne fut pas question de la convertir à l'islam.
Au sommet des remparts sont exposés d'impressionnants canons et des obusiers, orgueil du fort. La vue qu'on y a sur la ville bleu et blanche est très belle.
En sortant par la Porte de Fer, vous apercevrez sur la muraille des témoignages d'un aspect plus poignant de la vie d'une maharani, quinze empreintes écarlates de mains, celles de veuves devenues sati en se jetant sur le bûcher funéraire de leurs maris.
A 8 kilomètres au nord de Jodhpur, dans un joli parc occupant le site de Mandor, l'ancienne capitale du Marwar, s'élève le mausolée des maharajas, qui date du XVIII ième siècle. Gardés par des singes, perruches, corbeaux et pigeons, mais aussi par des oiseaux plus rares qui feront la joie de tous les passionnés d'ornithologie, d'impressionnants monuments commémoratifs à l'allure de temples ont été érigés sur l'emplacement des bûchers funéraires des maharajas, ainsi qu'une colonnade polychrome formée de héros hindous divinisés. Sur la route de Jaisalmer, il vous sera offert, lorsque vous passerez devant les champs parsemés de tas de piments rouges qui précèdent l'entrée du désert, une ultime débauche de couleurs. Connaissez-vous les jodhpurs ? Ces célèbres culottes de cheval serrées du genou à la cheville, qui étaient la tenue habituelle des chasseurs dans tout le nord de l'Inde, furent introduites à Londres, à l'occasion des cérémonies du jubilé de la reine Victoria, par le maharaja de Jodhpur. Ou plutôt, il ne les y introduisit pas, celles-ci s'étant perdues dans un naufrage, ce qui l'obligea à s'en faire confectionner une nouvelle paire par un tailleur londonien. Le secret de leur dessin étant alors connu, elles firent fureur parmi les cavaliers anglais, de même que la tunique collante et les coquettes bottines de cheval montant jusqu'aux chevilles, dites également jodhpurs, du raja. |